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Commerce extérieur agricole français : pourquoi 2025 marque un déficit historique et quelles conséquences pour les agriculteurs





En 2025, le commerce extérieur agricole français bascule pour la première fois en déficit. Un tournant historique pour une agriculture longtemps excédentaire, et un signal d’alerte majeur pour les exploitations agricoles françaises, notamment celles engagées dans une agriculture raisonnée comme la SCEA La Forêt.

Un déficit historique du commerce extérieur agricole en 2025

La France, traditionnellement grande puissance agricole européenne, s’oriente en 2025 vers un déficit de sa balance commerciale agricole et agroalimentaire. Ce renversement marque une rupture après plusieurs décennies d’excédents, portés notamment par les céréales, les produits laitiers et les vins.

Ce déficit ne relève pas d’un simple aléa conjoncturel : il traduit une fragilisation structurelle de l’agriculture française face à la concurrence internationale.

Les causes principales du déficit agricole français

Une hausse continue des importations agricoles

Les importations de produits agricoles progressent fortement, en particulier :

  • les fruits et légumes,
  • les huiles végétales,
  • les protéines végétales,
  • les produits agroalimentaires transformés à bas coût.

Ces produits entrent sur le marché français à des prix souvent inférieurs à ceux de la production nationale.

Des charges sociales et des coûts de production élevés

Les agriculteurs français supportent :

  • des charges sociales parmi les plus élevées d’Europe,
  • des normes environnementales strictes,
  • une hausse des coûts de l’énergie,
  • une augmentation du prix des intrants agricoles.

Cette accumulation de contraintes réduit la compétitivité des exploitations françaises sur les marchés internationaux.

Une perte de compétitivité à l’export

Les filières historiquement exportatrices sont de plus en plus exposées :

  • volatilité des marchés mondiaux,
  • concurrence de pays à faibles coûts,
  • aléas climatiques répétés.

L’excédent agricole français repose désormais sur un nombre limité de filières, ce qui fragilise l’ensemble du modèle.

L’accord Mercosur : un facteur aggravant pour l’agriculture française

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) accentue les déséquilibres.

Une concurrence déloyale pour les agriculteurs européens

Les produits agricoles importés du Mercosur bénéficient :

  • de coûts de main-d’œuvre très faibles,
  • de normes sanitaires et environnementales moins contraignantes,
  • de l’utilisation de substances interdites en Europe.

Les agriculteurs français, soumis à des exigences strictes, se retrouvent en concurrence directe avec des productions ne respectant pas les mêmes règles.

Agriculture responsable contre agriculture mondialisée

Des exploitations comme la SCEA La Forêt, engagées dans une agriculture raisonnée (PAC OR, rotations culturales, traçabilité, production locale), incarnent un modèle durable.

Pourtant, ces efforts ne sont pas suffisamment valorisés face à des produits importés moins chers, ce qui fragilise économiquement les exploitations vertueuses.

La taxe carbone : un nouveau choc pour les intrants agricoles

La transition écologique européenne entraîne la mise en place progressive de taxes carbone, impactant directement l’agriculture.

Des intrants de plus en plus coûteux

Sont directement concernés :

  • les engrais azotés,
  • le carburant agricole,
  • le transport des marchandises,
  • les emballages et le stockage.

Ces hausses de coûts pèsent sur les marges des exploitations françaises.

Un déséquilibre carbone persistant

Les produits importés de pays tiers ne supportent pas ces taxes carbone, alors même qu’ils génèrent souvent un bilan carbone supérieur en raison du transport et de pratiques agricoles plus intensives.

Ce paradoxe affaiblit la compétitivité des agriculteurs français engagés dans la transition écologique.

Conclusion : un modèle agricole français sous tension

Le déficit du commerce extérieur agricole en 2025 révèle une crise structurelle :

  • déséquilibre des accords commerciaux,
  • charges élevées pour les agriculteurs français,
  • transition écologique non protégée aux frontières.

Sans mise en place de clauses miroirs, de mécanismes carbone aux frontières et d’une véritable valorisation de l’origine France, le risque est clair :

une agriculture française exemplaire sur le plan environnemental, mais économiquement fragilisée.