Deficit agricole francais et impacts 2025

Commerce extérieur agricole français : déficit 2025, chiffres clés, coûts réels et impacts mesurés pour les agriculteurs

En 2025, le commerce extérieur agricole français entre pour la première fois en territoire négatif. Derrière ce basculement historique se cachent des chiffres précis, des écarts de coûts mesurables et des impacts directs sur la rentabilité des exploitations agricoles, en particulier celles engagées dans une agriculture raisonnée comme la SCEA La Forêt.

Un déficit extérieur agricole inédit : les chiffres de la rupture

Jusqu’au début des années 2010, la balance commerciale agricole et agroalimentaire française affichait un excédent annuel compris entre 6 et 9 milliards d’euros.

En 2024, cet excédent est tombé sous la barre des 1 milliard d’euros. En 2025, les projections indiquent un solde négatif compris entre –1 et –2 milliards d’euros, une première historique.

Cette dégradation résulte principalement d’une hausse plus rapide des importations (+4 à +6 %) que des exportations agricoles françaises (+0 à +1 %).

Importations vs production française : des écarts de coûts mesurés

Des produits importés structurellement moins chers

Les produits agricoles importés présentent des écarts de prix significatifs :

  • Viandes et volailles : –20 à –35 % par rapport aux coûts français
  • Fruits et légumes : –15 à –40 %
  • Huiles végétales (hors France) : –25 % en moyenne

Ces écarts s’expliquent par des charges sociales inférieures de 30 à 60 % dans certains pays exportateurs.

Charges sociales et réglementaires : un handicap français chiffré

En France :

  • Les charges sociales représentent 35 à 45 % du coût du travail
  • La moyenne européenne se situe autour de 25 %
  • Dans certains pays tiers : moins de 15 %

👉 L’écart de compétitivité lié uniquement au coût du travail est estimé entre +10 et +20 % pour un produit agricole français.

Mercosur : un choc concurrentiel quantifiable

Volumes et prix : l’impact direct sur les marchés

L’accord UE–Mercosur prévoit notamment :

  • +99 000 tonnes de viande bovine à droits réduits
  • +180 000 tonnes de volailles
  • +650 000 tonnes d’éthanol

Ces volumes arrivent sur le marché européen avec des prix inférieurs de 20 à 30 % aux coûts de production français.

Normes environnementales : un écart chiffré

Le respect des normes environnementales françaises génère un surcoût estimé entre :

  • +8 à +12 % sur les grandes cultures
  • +12 à +18 % sur les productions animales

Ces coûts ne sont pas intégrés dans les produits importés du Mercosur.

Taxe carbone : un impact direct sur les intrants agricoles

Hausse mesurée des coûts de production

Depuis 2021, l’impact cumulé de la fiscalité carbone et énergétique se traduit par :

  • Engrais azotés : +60 à +90 % sur 4 ans
  • Carburants agricoles : +25 à +40 %
  • Transport et logistique : +15 à +25 %

Pour une exploitation céréalière, le surcoût moyen est estimé entre +120 et +180 € par hectare.

Un déséquilibre carbone chiffré

Un produit agricole importé génère en moyenne :

  • 2 à 4 fois plus d’émissions de CO₂ qu’un produit local
  • mais supporte 0 € de taxe carbone directe

À l’inverse, les exploitations françaises absorbent l’intégralité du coût carbone sans compensation équivalente aux frontières.

Conséquences économiques pour les exploitations françaises

Les impacts mesurés sont clairs :

  • Baisse de marge nette : –10 à –25 %
  • Hausse du seuil de rentabilité : +15 à +30 %
  • Capacité d’investissement réduite : –20 % en moyenne

Pour une exploitation engagée comme la SCEA La Forêt, ces chiffres traduisent un risque majeur : produire mieux, mais à un coût non compétitif face aux importations.

Conclusion : des chiffres qui confirment une crise structurelle

Le déficit du commerce extérieur agricole en 2025 n’est pas symbolique, il est arithmétique :

  • écarts de coûts sociaux de +20 %,
  • écarts environnementaux de +10 à +18 %,
  • choc carbone non compensé.

Sans mécanisme correcteur (clauses miroirs, ajustement carbone aux frontières, valorisation économique de l’origine France), le modèle agricole français continuera de perdre en compétitivité, malgré ses performances environnementales.